Claire Hédon et François-Noël Buffet devant les drapeaux français et européen.

Le journal de l’ADEPAPE Var

Jeunes majeurs sortant de l’ASE : une protection encore trop inégale

Repère de lecture

Journal · publication

Mis à jour le

Une étude du Défenseur des droits publiée le 13 janvier 2026 confirme ce que beaucoup vivent sur le terrain : selon le département, l’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’ASE reste très inégal.

Photographie institutionnelle : passation entre Claire Hédon et François-Noël Buffet, au Défenseur des droits, en juillet 2026. Photo : Défenseur des droits. Cadrage adapté à l’en-tête.

Le 13 janvier 2026, le Défenseur des droits a publié une étude consacrée aux jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Elle confirme ce que beaucoup d’entre vous ont peut-être ressenti en quittant le dispositif : selon le département où l’on grandit, l’accompagnement vers l’autonomie ne se passe pas du tout de la même façon. Un sujet qui concerne directement les 18-21 ans accompagnés ou récemment sortis de l’ASE dans le Var.

Façade du foyer départemental de l'enfance de la Savoie, un service départemental de l'aide sociale à l'enfance
Un foyer départemental de l’enfance, ici en Savoie. Photo : Florian Pépellin, CC BY-SA 3.0

Une loi qui promet, un accompagnement qui varie

Depuis la loi Taquet du 7 février 2022, l’accompagnement par l’ASE des jeunes majeurs de moins de 21 ans privés de ressources ou de soutien familial n’est plus une simple possibilité laissée à l’appréciation de chaque département : c’est une obligation. Pourtant, l’étude — menée par des chercheuses et chercheurs des universités de Rennes 2 et de Bretagne occidentale et de l’École des hautes études en santé publique, avec le soutien du Défenseur des droits et de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) — montre que cette obligation reste appliquée de façon très inégale d’un territoire à l’autre. L’accès à un contrat jeune majeur dépend souvent de l’adhésion à un projet d’insertion précis, ce qui écarte les parcours les plus fragiles : jeunes en difficulté de santé, de logement ou de régularisation administrative. Les anciens mineurs non accompagnés (MNA), déjà confrontés à des démarches complexes, y sont particulièrement exposés.

Ce que demande le Défenseur des droits

Face à ce constat, l’étude et le Défenseur des droits avancent plusieurs pistes pour resserrer les mailles du filet. Systématiser l’entretien prévu à 17 ans, ce moment clé où se prépare la suite du parcours. Confier chaque jeune majeur à un référent unique, pour que le suivi ne se perde pas entre plusieurs interlocuteurs. Garantir la prise en charge jusqu’à la fin d’une formation scolaire ou professionnelle, même au-delà de 21 ans. Et repenser le soutien financier à l’autonomie, au-delà du seul pécule.

« Des critères d’éligibilité, des durées d’accompagnement et des modalités d’intervention très variables selon les territoires. »

Défenseur des droits, « Jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance : une protection insuffisante et des inégalités territoriales persistantes », 13 janvier 2026

Se préparer, dès l’entretien des 17 ans

Vous avez 16 ou 17 ans et vous êtes suivi par l’ASE dans le Var ? Quelques réflexes simples aident à aborder ce tournant dans de meilleures conditions.

  • Préparez l’entretien prévu à 17 ans : c’est là que se discute votre projet après la majorité, mieux vaut y arriver avec des idées claires.
  • Renseignez-vous sur le contrat jeune majeur : ses conditions et vos droits sont expliqués sur solidarites.gouv.fr.
  • Demandez tout par écrit : décisions, refus, durée d’un contrat jeune majeur. Un écrit se conteste, une parole non.
  • Faites-vous accompagner par un éducateur, un travailleur social ou une association comme l’ADEPAPE Var, qui réunit les personnes passées par la protection de l’enfance dans le département. En cas de refus que vous jugez injuste, le Défenseur des droits peut être saisi gratuitement.

Ici, dans le Var, un appui pour ce moment-là

Que vous soyez encore accompagné par l’ASE ou déjà sorti du dispositif, l’ADEPAPE Var est là pour vous aider à faire valoir vos droits à ce moment charnière. Nous connaissons ces démarches et pouvons vous orienter : appelez-nous au 04 94 31 60 31 ou écrivez à contact@adepape-var.fr.

Sources

Besoin d’aller plus loin ?

Et maintenant ?