Avoir dix-huit ans et devoir, du jour au lendemain, payer un loyer, apprendre les démarches administratives, se soigner, chercher un emploi — sans personne à appeler en cas de coup dur. C’est ce que traversent chaque année des jeunes sortis de l’aide sociale à l’enfance (ASE). À Toulon, une résidence sociale à orientation éducative (RSOE) tente d’apporter une réponse concrète à ce moment charnière : un toit, un accompagnement, et le temps de construire, vraiment, une vie d’adulte. Un reportage de Presse Agence, publié le 22 juin 2025, est allé à sa rencontre.
Un toit, et pas seulement un logement
Ouverte en 2020 à l’initiative d’Apprentis d’Auteuil, en partenariat avec l’ADEPAPE et le bailleur social ERILIA, la résidence toulonnaise compte 43 studios meublés destinés à des jeunes de 16 à 25 ans. Sur place, une équipe de douze professionnels — éducateurs, travailleurs sociaux, infirmiers, veilleurs de nuit, référents insertion — accompagne chaque résident au quotidien : recherche d’emploi ou de formation, démarches de santé, vie collective, apprentissage de l’autonomie budgétaire. Une façon de ne pas laisser les jeunes majeurs seuls au moment précis où, pour beaucoup d’entre eux, le soutien de l’ASE s’arrête.

« Jetés dans le grand bain »
Le passage à la majorité, beaucoup le vivent sans filet. Dans le reportage de Presse Agence, deux résidentes racontent, à leur façon, comment elles refusent de s’y laisser réduire. Lilou, 19 ans, connaît le poids des préjugés attachés à une adresse : elle tient à montrer que le parcours ne définit pas la personne. Lola, 20 ans, le dit sans détour : « Ce n’est pas parce qu’on vient de l’ASE qu’on n’est pas capables. » Deux voix qui résument bien l’esprit du lieu — traiter les jeunes comme des adultes en construction, pas comme des cas à gérer.
« Quitter le nid familial, décrocher un travail, se prendre en charge… L’entrée dans l’âge adulte reste une étape délicate. Surtout quand elle est brutale, subie et sans filet de sécurité. »
Jean-Baptiste de Chatillon, directeur général d’Apprentis d’Auteuil, cité par Presse Agence, 22 juin 2025
Des résultats qui parlent
Depuis 2019, 143 jeunes sont passés par la résidence. Plus de six sur dix en sont sortis vers une situation positive : un emploi, un logement autonome, une formation. Un chiffre à mettre en regard d’un autre : 90 % des résidents vivaient sous le seuil de pauvreté à leur arrivée. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, dite loi Taquet, prévoit justement un accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’ASE entre 18 et 21 ans — une avancée que la résidence toulonnaise incarne, sur le terrain, avant même que le texte ne soit pleinement appliqué partout en France.
Une porte que l’ADEPAPE Var a aidé à ouvrir
Cette résidence toulonnaise, notre association l’a accompagnée dès sa création, aux côtés d’Apprentis d’Auteuil et d’ERILIA, fidèle à sa mission d’entraide entre personnes passées par la protection de l’enfance. Vous sortez bientôt de placement dans le Var, et la question du logement ou de l’accompagnement vers l’autonomie vous préoccupe ? Écrivez-nous à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31 : nous prendrons le temps de vous écouter et de vous orienter vers les solutions qui existent près de chez vous, dont celle-ci.
