Une association qui s’éteint, ce sont des jeunes qui perdent un repère : un couloir de plus à traverser seuls après la sortie de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Voilà pourquoi une nouvelle discrète, mais réjouissante, mérite d’être racontée ici. Le 3 juillet 2023, l’ADEPAPE de la Haute-Loire (43) a retrouvé un bureau et un président, à titre transitoire, en la personne de Pierre Marie. Un nom qui parle à toute notre association : Pierre Marie a présidé l’ADEPAPE du Var pendant vingt-cinq ans, de 1992 à 2017.

Une association qui se rallume en Haute-Loire
Le Fédé Flash de juillet, la lettre d’information de la Fédération Nationale des ADEPAPE (FNADEPAPE), l’annonce simplement dans sa rubrique « Vie du réseau » : une assemblée générale, tenue début juillet, a permis la relance de l’association de la Haute-Loire. Des volontaires locaux se sont mobilisés, épaulés par des administrateurs fédéraux venus donner un coup de main. Le résultat : une ADEPAPE qui n’existait plus que sur le papier retrouve une vie, un contact, une porte à laquelle les jeunes de ce département pourront de nouveau frapper.
C’est peu de choses vu de loin. C’est beaucoup vu d’où nous sommes. Chaque ADEPAPE départementale est un point d’appui pour d’anciens enfants placés qui deviennent jeunes majeurs et cherchent un logement, une formation, un premier emploi, ou simplement quelqu’un qui connaît le parcours de l’intérieur. Quand ce point d’appui disparaît, faute de bénévoles ou de relève, ce sont les jeunes de tout un département qui se retrouvent sans ce filet.
Une expérience varoise au service d’un autre département
Pierre Marie n’est pas un inconnu pour notre association. C’est lui qui a présidé l’ADEPAPE du Var de 1992 à 2017, un quart de siècle passé à faire vivre l’entraide entre anciens de l’ASE dans notre département. Il anime aujourd’hui l’URADEPAPE PACA, l’union régionale qui fédère les associations départementales de Provence-Alpes-Côte d’Azur, en tant que délégué régional. C’est cette expérience, celle d’avoir monté, tenu puis transmis une association d’entraide pendant vingt-cinq ans, qu’il a mise au service de la Haute-Loire pour l’aider à repartir.
Un réseau national qui se réarme, département par département
La Haute-Loire n’est pas un cas isolé cet été. Le même bulletin signale deux autres relances. En Savoie (73), une assemblée générale a sorti l’ADEPAPE locale d’un sommeil qui durait depuis plusieurs années, sous la présidence de Maroua Moussi. En Moselle (57), où l’équipe sortante avait déclaré forfait, c’est l’union régionale URADEPAPE Grand Est qui a organisé la relance d’une nouvelle équipe, avec Laouari Benhamed comme président.
Trois départements, trois histoires, un même mouvement : celui d’un réseau qui refuse de laisser des trous dans sa carte. La FNADEPAPE fédère des associations locales autonomes ; quand l’une d’elles s’essouffle, ce sont les administrateurs fédéraux, les unions régionales voisines et, parfois, d’anciens présidents comme Pierre Marie qui viennent prêter main-forte, le temps de reconstituer une équipe.
Ce que cela nous dit, ici dans le Var
Pour nous, adhérents du Var, cette nouvelle a une saveur particulière. Elle rappelle que l’ADEPAPE Var, déclarée en 1949, s’inscrit dans une histoire plus grande que ses seules frontières : celle d’un mouvement national d’anciens de l’ASE qui s’entraident, se relaient et vont parfois donner un coup de main ailleurs quand une association sœur vacille. Si vous avez connu le Var au temps de Pierre Marie, ou si vous croisez, au fil du réseau, quelqu’un qui cherche à faire renaître une association près de chez lui, parlez-nous-en : ces relances tiennent souvent à une poignée de bénévoles prêts à donner de leur temps. Et où que la vie vous mène hors du département, l’annuaire de la fédération permet de retrouver l’ADEPAPE de chaque département.
