Des professionnels et visiteurs dans une salle du centre Asterya.

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Santé mentale, grande cause nationale : les jeunes de l’ASE en première ligne

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La santé mentale reste grande cause nationale en 2026. Une enquête inédite le rappelle : en protection de l’enfance, la souffrance psychique est fréquente, et en parler tôt est un droit, jamais une faiblesse.

Visite du centre Asterya dans le reportage consacré à ce modèle de soins pour les enfants protégés. Photo : Enfance & Jeunesse Infos / reportage Asterya. Cadrage adapté à l’en-tête.

C’est officiel depuis le 27 novembre 2025 : le gouvernement prolonge en 2026 la grande cause nationale consacrée à la santé mentale. Pour les jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE) — le service qui protège un enfant lorsque sa famille ne peut, pour un temps ou durablement, assurer seule son éducation et sa sécurité —, cette décision n’a rien d’abstrait. Une enquête inédite, publiée le 25 juin 2026 par la fondation Droit d’Enfance, vient de le rappeler : en protection de l’enfance, la souffrance psychique est fréquente, et trop souvent passée sous silence.

Le feu vert et blanc de la digue marquant l'entrée de la rade de Toulon, avec la ville et les collines du Var en arrière-plan.
Le feu de la digue, à l’entrée de la rade de Toulon. Photo Gnrc, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons).

Une réalité que les chiffres ne cachent plus

Menée auprès de 228 professionnels accompagnant plus de 18 000 enfants, l’enquête « Santé mentale en protection de l’enfance : agir face à l’urgence » dresse un constat sans détour. Selon la fondation, la moitié des jeunes hospitalisés en psychiatrie en France seraient des mineurs confiés à l’ASE. Un enfant protégé sur cinq vivrait avec un handicap, et 22 % suivraient un traitement ou présenteraient des troubles psychiques avérés. Plus frappant encore, 86 % des professionnels interrogés estiment que d’autres enfants qu’ils accompagnent portent, sans le savoir, des troubles non diagnostiqués. À l’échelle nationale, les quelque 380 000 enfants et jeunes suivis en protection de l’enfance ont aussi une espérance de vie inférieure de vingt ans à celle du reste de la population. Un écart qui dit, à lui seul, pourquoi il faut en parler tôt.

« La protection de l’enfance est devenue un lieu d’accueil massif de la souffrance psychique. Ce n’est pas sa vocation première. »

Pr Ludovic Gicquel, pédopsychiatre, administrateur de la fondation Droit d’Enfance

Une cause qui revient pour s’installer

C’est dans ce contexte que la santé mentale reste, pour une deuxième année consécutive, grande cause nationale : un label qui mobilise l’État, les associations et les collectivités autour d’un même objectif — banaliser la parole sur le sujet et mieux faire connaître les lieux où se faire aider. Une cause nationale ne soigne personne à elle seule. Mais elle change quelque chose d’essentiel : elle dit, publiquement, que parler de sa santé mentale n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un droit, comme celui de se faire soigner pour n’importe quelle autre raison — et cela vaut tout particulièrement pour celles et ceux qui ont connu un parcours de placement.

Vers qui se tourner

Personne n’a à porter seul un mal-être. Il existe des portes d’entrée simples, gratuites ou remboursées, pour être écouté et orienté :

  • Votre médecin traitant : le premier interlocuteur, pour être écouté et orienté vers le bon professionnel.
  • Un centre médico-psychologique (CMP) : des consultations gratuites avec des psychologues et des psychiatres, près de chez vous.
  • Le 3114, numéro national de prévention du suicide : gratuit, ouvert jour et nuit, en cas de crise ou de pensées suicidaires.
  • Mon soutien psy : sur orientation de votre médecin traitant, des séances remboursées avec un psychologue conventionné.

Près de chez vous, dans le Var

Vous êtes passé par l’aide sociale à l’enfance dans le Var, ou vous accompagnez un jeune qui l’a été ? Ne pas se sentir bien après un parcours de placement est fréquent, et ce n’est pas une fatalité : les ressources ci-dessus existent, et en parler change tout. Vous pouvez aussi nous appeler au 04 94 31 60 31 ou écrire à contact@adepape-var.fr : nous sommes là pour écouter et orienter, sans jugement.

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