Plusieurs caméras de télévision et leurs microphones.

Le journal de l’ADEPAPE Var

Ce que les archives de la télévision gardent de l’enfance placée à Toulon

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Le 13 février 1970 à 19h17, les actualités régionales diffusent un sujet de 47 secondes sur un goûter offert par des forains à près de 200 enfants de Toulon. La notice INA porte le numéro RAF02008474.

Photographie d’illustration : des caméras de reportage télévisé. Image d'illustration — Photo : Razvan Socol, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons Licence. Cadrage adapté à l’en-tête.

Le vendredi 13 février 1970, à 19h17, les actualités régionales diffusent un sujet de 47 secondes tourné à Toulon. Il s’intitule « Les orphelins de Toulon au Luna Park ». La fiche de catalogue de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) porte le numéro RAF02008474.

Une fiche, pas une vidéo

Précisons-le tout de suite : ce sujet n’est pas visionnable en ligne. Ce qui est accessible, c’est une notice de catalogue — titre, date, heure, durée, mots-clés, producteur. Le film lui-même se consulte dans les centres de l’INA, et les droits de reproduction sont réservés : nous ne pouvons donc en publier ni image ni extrait, seulement un lien vers la fiche.

La production est celle de l’ORTF à Marseille, en 1970 — l’Office de radiodiffusion-télévision française, l’organisme public de l’époque. La fiche mentionne une chaîne actuelle, mais c’est un étiquetage rétrospectif de l’INA : en 1970, il s’agissait des actualités régionales de Marseille.

Ce que raconte le résumé

Le résumé documentaire, rédigé après coup par les documentalistes de l’INA — ce n’est donc pas la parole du reportage — tient en deux phrases :

Les forains ont offert un goûter et des tours de manège à près de 200 orphelins de Toulon. Cet acte de générosité se répète chaque année.

On ne sait ni de quel établissement venaient ces enfants, ni qui a financé la journée, ni depuis quand l’invitation était reconduite. La notice n’en dit rien, et nous n’ajoutons rien.

Le mot « orphelins », et ce qu’il est devenu

Le vocabulaire de 1970 est celui de la fiche : « orphelins », « orphelinat ». Ce n’est plus le nôtre. On a dit ensuite « pupilles de l’État », puis « personnes accueillies en protection de l’enfance ». Ce glissement est le vrai sujet de cette archive : on est passé d’un mot qui définissait un enfant par ce qui lui manquait à des termes qui désignent une situation administrative, temporaire, dont on sort.

La forme de la solidarité, elle aussi, a changé. Un goûter annuel offert de l’extérieur, c’était la façon dont on parlait alors de ces enfants à la télévision. Aujourd’hui, ce que nous cherchons à construire tient plutôt du droit et de l’accompagnement durable que du geste ponctuel — sans mépriser ce geste, qui a compté pour ceux qui y étaient.

Et pour vous ?

Vous souvenez-vous de ce Luna Park ? Si vous étiez enfant à Toulon dans ces années-là, votre témoignage vaut plus que la fiche de catalogue : le nom du foyer, l’ambiance du trajet, ce qu’on vous avait dit avant de partir. Nous rassemblons ces souvenirs pour reconstituer une mémoire varoise de l’enfance placée, qui n’existe aujourd’hui nulle part.

Écrivez-nous à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31. Rien n’est publié sans votre accord.

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