La façade orangée de la mairie de Fréjus.

Le journal de l’ADEPAPE Var

Ce que la télévision a gardé de trois orphelins de Fréjus

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Le 22 décembre 1959, le « JT NUIT » présenté par Léon Zitrone consacre un sujet de 1 minute 43 à trois orphelins de Fréjus avant leur départ pour l’Iran. La notice est conservée à l’INA.

Photographie d’illustration : l’hôtel de ville de Fréjus. Photo : Own work — CC BY-SA 3.0. Licence. Cadrage adapté à l’en-tête.

Le 22 décembre 1959, le journal télévisé de la nuit diffuse un sujet d’une minute quarante-trois consacré à trois orphelins de Fréjus, avant leur départ pour l’Iran. La notice de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), l’établissement qui conserve les archives de la radio et de la télévision françaises, en garde la trace sous le numéro CAF94004343.

Une fiche de catalogue, pas un reportage en ligne

Ce que l’on peut consulter aujourd’hui n’est pas le film : c’est une fiche descriptive. Elle indique l’émission, la date de diffusion, la durée, le présentateur — le journaliste Léon Zitrone — et une série de mots-clés posés a posteriori par les documentalistes. Le sujet lui-même se visionne dans les centres de consultation de l’INA, pas depuis un navigateur.

C’est peu, et c’est déjà beaucoup : sans cette ligne de catalogue, il ne resterait rien de ces quelques minutes d’antenne.

Ce que dit la notice, mot pour mot

Le titre du sujet est explicite, et les descripteurs rattachent sans ambiguïté ces enfants à la rupture du barrage de Malpasset :

France ; Var (OFF) ; Fréjus (OFF) ; barrage (MALPASSET, OFF) ; accident (OFF) ; catast

Le reste de la fiche est plus fragmentaire, et nous nous en tenons là : nous ne publions pas ce que nous n’avons pas pu lire en entier. Le mot « orphelins », lui, est celui de 1959. Il a été remplacé depuis par « pupilles de l’État », puis par « personnes accueillies en protection de l’enfance ». Ce glissement de vocabulaire n’est pas cosmétique : il dit le passage d’un statut subi à une situation administrative dont on peut sortir.

Pourquoi cela nous concerne dans le Var

La protection de l’enfance dans notre département ne s’écrit pas seulement à partir des lois. Elle s’écrit aussi à partir des catastrophes locales : une nuit de décembre, et des enfants dont la situation bascule d’un coup. Les dispositifs se réorganisent alors dans l’urgence, et la solidarité prend des formes improvisées, parfois lointaines — ici, un voyage à l’étranger relayé par le journal télévisé national.

Nous ne savons pas ce que sont devenus ces enfants, et nous ne chercherons pas à les nommer. Ce sont des personnes privées. Ce que nous retenons, c’est que la mémoire varoise de l’enfance placée existe, éparpillée dans des catalogues d’archives, et que personne ne la rassemble à notre place.

Et pour vous ?

Si vous avez été accueilli dans le Var dans ces années-là, ou si un proche vous a raconté l’après-Malpasset du côté des enfants, écrivez-nous. Nous constituons petit à petit un fonds de témoignages, et une simple date, un nom d’établissement ou un souvenir de trajet suffisent à faire avancer une recherche.

Vous pouvez nous joindre au 04 94 31 60 31 ou à contact@adepape-var.fr. Rien n’est publié sans votre accord, et vous restez libre de rester anonyme.

Sources

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