Var-Matin a publié en 2024 une enquête sur l’état de la protection de l’enfance dans notre département. Le journal y met en avant un chiffre que peu d’adhérents connaissent : le nombre d’informations préoccupantes concernant des mineurs varois a augmenté de plus de 40 % entre 2021 et 2023.
De quoi parle-t-on exactement
Une information préoccupante, c’est un signalement transmis au Département quand un professionnel, un voisin, un proche ou l’enfant lui-même estime qu’un mineur est en danger ou risque de l’être. Elle ne débouche pas automatiquement sur un placement : elle déclenche une évaluation, puis, s’il y a lieu, une mesure de l’ASE, l’aide sociale à l’enfance, le service du Département chargé de la protection des mineurs.
Le volume de ces remontées est donc un indicateur d’entrée : il dit combien de situations arrivent devant l’institution, pas combien d’enfants sont finalement pris en charge. C’est précisément ce volume qui a bondi.
Ce que dit le journal
L’enquête chiffre la progression sans détour, et souligne que le secteur ne parvient pas à absorber cette hausse.
Dans le Var, 6.400 informations préoccupantes concernant des mineurs ont été relevées en 2023, contre 4.500 en 2021 : une hausse de plus de 40% à laquelle le secteur peine à répondre.
Selon Var-Matin, le Département, les associations et les parquets varois sont jugés impliqués et réactifs. Le journal pointe cependant des mesures de protection décidées mais tardant à être exécutées, faute de dispositifs disponibles : manque de moyens et de qualifications, difficultés de recrutement, rareté du foncier qui freine la création de nouvelles structures d’accueil. Le contexte est national : trois mille acteurs du secteur se sont rassemblés à Paris le 25 septembre 2024 pour dénoncer, selon l’enquête, le délabrement d’une politique publique.
Ce que le Département annonce en face
D’après l’enquête, le Département consacre 117 millions d’euros à l’ASE dans son budget 2025 et annonce l’ouverture de près de deux cents places d’accueil d’ici fin 2025. Ces réponses sont réelles, mais elles se heurtent aux contraintes que le journal décrit lui-même : on ne recrute pas un travailleur social ni ne trouve un terrain constructible sur simple décision budgétaire.
Pour nous, l’enjeu est ailleurs, et il nous concerne directement : quand l’amont sature, l’aval est le premier sacrifié. L’accompagnement des jeunes majeurs, le suivi après la sortie de placement, le lien maintenu avec ceux qui n’ont plus de famille derrière eux — c’est cette part-là du travail qui s’efface la première quand les équipes courent après l’urgence. C’est exactement le terrain que nous occupons depuis notre création.
Et pour vous ?
Ces chiffres sont publics : servez-vous-en. Si vous siégez dans une instance locale, si vous rencontrez un élu, si vous prenez la parole en réunion de quartier, ces données varoises pèsent plus qu’un ressenti.
- Vous préparez une intervention publique : nous pouvons vous aider à cadrer les chiffres et à les sourcer.
- Vous êtes un jeune sortant de l’ASE et votre mesure tarde à être mise en place : signalez-le nous, nous relayons.
- Écrivez à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31.
Sources
- Var-Matin, enquête sur la protection de l’enfance dans le Var : https://web.archive.org/web/20241112103454/https://www.varmatin.com/faits-de-societe/protection-de-l-enfancedans-le-var-le-futur-brade-de-notre-societe-956204
