Une thèse d’histoire soutenue en 2004 à Paris 4 porte sur le devenir des enfants placés par l’Assistance publique. Sa notice est publique, consultable par chacun sur theses.fr, et nous la signalons ici parce qu’elle raconte d’où vient le statut de pupille — et pourquoi une association d’entraide comme la nôtre existe.
Ce que dit la notice
Le titre exact est « Les abandonnés de la République : l’enfance et le devenir des pupilles de l’Assistance publique de la Seine placés en famille d’accueil (1874-1939) ». Auteur : Ivan Jablonka. Direction : Jean-Noël Luc. Discipline : Histoire. Établissement : Paris 4. Date : soutenance en 2004.
Un point à garder en tête avant d’aller plus loin : le terrain est l’Assistance publique de la Seine, c’est-à-dire Paris et sa région, et non le Var. Ce n’est pas notre histoire départementale, c’est le cadre national dans lequel elle s’est inscrite.
Le placement à la campagne, puis la rupture à treize ans
Le résumé décrit une mécanique : les enfants abandonnés dans les villes étaient envoyés à la campagne, confiés à des familles nourricières. Cette part de l’histoire n’est pas uniformément sombre — le résumé note que le placement familial rural réussit lorsque nourriciers et enfants créent une parenté nouvelle, et que les pupilles vivent à peu près dans les mêmes conditions que les enfants du village. Puis vient la bascule :
Cependant, la fin des études et le placement à gages, dès l’âge de treize ans, inaugurent pour eux une période très difficile.
Suivent, toujours selon le résumé, un travail pénible dans les fermes, des humiliations et des violences, et des orientations professionnelles imposées par l’administration qui les cantonnent, dans la moitié des cas, à la domesticité agricole et à l’indigence. Les traces sont même physiques : à vingt ans, ils sont moins grands en taille que les enfants de famille.
Pourquoi cela nous concerne encore
La conclusion du résumé tient en une phrase : l’utopie républicaine a eu pour effet de fixer à la terre, sans les émanciper, les enfants dépourvus de famille. Autrement dit, l’institution protégeait l’enfant puis lâchait le jeune adulte, en lui laissant une place assignée d’avance.
Ce que nous appelons aujourd’hui la « sortie sèche » — la fin brutale de la prise en charge par l’ASE (aide sociale à l’enfance) à la majorité, sans logement ni revenu assuré — n’est donc pas un problème récent. C’est la forme actuelle d’une rupture ancienne. Et c’est précisément pour que la majorité ne soit pas un largage que notre association existe, avec l’accompagnement des jeunes majeurs, le studio, l’entraide entre pairs.
Et pour vous ?
La notice est en accès libre : vous pouvez la consulter vous-même à l’adresse indiquée ci-dessous. Nous ne promettons pas le texte intégral, seulement la notice — nous n’avons pas vérifié ce qui en est publié par ailleurs.
Si vous êtes un ancien pupille et que la lecture de ces pages remue quelque chose, ne restez pas seul avec. Nous sommes joignables au 04 94 31 60 31 et à contact@adepape-var.fr, et nous accompagnons aussi les recherches sur son propre dossier et sur ses origines.
Sources
- theses.fr (ABES) — notice de la thèse : https://theses.fr/2004PA040140
- ADEPAPE du Var — 04 94 31 60 31, contact@adepape-var.fr
