À Alligny-en-Morvan, le Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance publique conserve la mémoire de deux histoires liées : celle des femmes du Morvan parties travailler comme nourrices et celle des enfants confiés par l’administration à des familles du territoire. Ce lieu montre pourquoi l’histoire de la protection de l’enfance ne peut être racontée uniquement par les lois et les institutions centrales.
Un territoire façonné par l’accueil
Le Morvan a occupé une place particulière dans les circulations entre Paris, l’Assistance publique et les campagnes. Des nourrices ont quitté leur foyer pour allaiter ou élever les enfants de familles urbaines. Dans l’autre sens, des enfants assistés ont été placés dans des familles morvandelles. Ces déplacements produisaient du travail et des ressources, mais aussi des séparations, des attachements et des rapports de pouvoir.
Le musée ne présente donc pas une institution isolée. Il replace les parcours dans les maisons, les paysages, l’économie rurale et les représentations de l’enfance. Les objets ordinaires deviennent des sources lorsqu’ils sont rapprochés de registres, de correspondances, de photographies et de récits de vie.
Faire dialoguer archives et témoignages
Une archive administrative indique une décision, une date ou une affectation. Elle révèle moins facilement la qualité d’un lien, la honte, la reconnaissance, la violence ou le sentiment d’appartenance. Le témoignage peut éclairer ces dimensions, sans remplacer la vérification documentaire. La force d’un musée social est précisément de faire dialoguer ces traces plutôt que de leur demander de raconter seules toute l’histoire.
L’association des Amis du musée participe à cette mémoire par la collecte de documents et de témoignages. Cette démarche suppose de conserver l’origine des pièces, les conditions de leur remise et les choix de diffusion. Un document privé confié à une institution n’autorise pas automatiquement sa publication intégrale en ligne.
Une méthode utile aux ADEPAPE
Pour une ADEPAPE, l’exemple est précieux. Une histoire collective peut réunir bulletins, photographies légendées, cartes d’adhérents, objets, récits et archives publiques. Elle gagne à identifier ce qui est certain, ce qui relève d’un souvenir et ce qui reste à rechercher. Elle doit aussi permettre aux personnes concernées de choisir leur nom, leur anonymat et le niveau de détail rendu public.
Et pour vous ?
Avant de jeter un document ancien lié à l’accueil ou à l’association, photographiez-le et notez son origine. Contactez ensuite un service d’archives, un musée ou l’ADEPAPE pour savoir s’il peut être conservé. N’envoyez pas un dossier nominatif complet sans connaître les conditions d’accès et de diffusion.
