Le 20 novembre 2025, Journée internationale des droits de l’enfant, une soirée d’échanges s’est tenue à Toulon dans les locaux de la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) du Var. Selon le compte rendu qu’en donne Info83, elle était consacrée aux violences faites aux enfants et rassemblait des profils très différents autour de la même question.
Une soirée à plusieurs voix
La FOL est une fédération d’associations d’éducation populaire présente dans chaque département. Ce n’est pas un service de protection de l’enfance, mais un lieu qui accueille du débat public — et c’est précisément ce qui s’est passé ce soir-là, si l’on en croit le récit publié :
la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) de Toulon a réuni chercheurs, journalistes, associations et citoyens pour une soirée d’échanges consacrée aux violences faites aux enfants
Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik en était l’invité d’honneur, aux côtés du journaliste Claude Ardid. L’association Les Ami(e)s de Romy était représentée par sa fondatrice. L’initiative reviendrait au président de la section toulonnaise de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).
Une phrase qui déplace le regard
Parmi les propos rapportés de cette soirée, celui-ci mérite d’être lu lentement, parce qu’il refuse à la fois le catastrophisme et la consolation facile :
« L’enfance a toujours été en danger. Après chaque désorganisation sociale, une nouvelle civilisation apparaît. Nous sommes en plein dedans. »
Dire que l’enfance a toujours été en danger, ce n’est pas banaliser. C’est refuser l’idée que les violences subies par les enfants seraient un accident isolé, un dysfonctionnement individuel qu’il suffirait de corriger. C’est les situer dans un contexte social, donc dans quelque chose qui se transforme — et qui peut donc être transformé.
Pourquoi cela nous concerne directement
Nous représentons des personnes qui ont été accueillies en protection de l’enfance. Beaucoup d’entre elles ont connu deux violences superposées : celle qui a justifié le placement, et parfois celle vécue à l’intérieur même du dispositif censé protéger. Cette seconde violence, dite institutionnelle, se dit encore difficilement en public.
Qu’une parole publique se tienne à Toulon, un 20 novembre, avec des chercheurs et des journalistes dans la même salle que des citoyens ordinaires, change quelque chose : cela déplace le sujet du huis clos administratif vers l’espace commun. Et cela autorise, un peu plus, celles et ceux qui ont vécu ces situations à en parler sans avoir le sentiment de trahir quiconque.
Et pour vous ?
Si vous avez vécu, pendant votre parcours, des faits que vous n’avez jamais pu dire, sachez que vous pouvez en parler ici sans qu’aucune démarche ne soit engagée sans votre accord. Nous écoutons d’abord, nous orientons ensuite, et seulement si vous le demandez.
Nous relayons aussi ces rendez-vous publics varois auprès de nos adhérents : si vous souhaitez y être accompagné pour ne pas y aller seul, dites-le-nous. Téléphone : 04 94 31 60 31. Courriel : contact@adepape-var.fr.
Sources
- Info83, « Toulon : une soirée engagée pour la protection de l’enfance à la FOL du Var » : https://www.info83.fr/toulon-une-soiree-engagee-pour-la-protection-de-lenfance-a-la-fol-du-var/
- ADEPAPE du Var : 04 94 31 60 31 — contact@adepape-var.fr
