L’histoire nationale des associations départementales d’entraide des personnes accueillies en protection de l’enfance commence par un texte adopté en 1943. Elle ne se résume pourtant ni à cette date ni à une décision administrative : elle raconte comment des anciens pupilles ont progressivement pris la direction de leur propre mouvement, organisé l’entraide et fait reconnaître leur voix.
Un cadre ancien, à replacer dans son époque
L’acte dit loi du 15 avril 1943, pris sous le régime de Vichy, prévoit dans son article 18 une association d’entraide entre pupilles et anciens pupilles dans chaque département ou région. Le recueil historique de la FNADEPAPE indique qu’une instruction ministérielle de 1946 demande ensuite qu’une majorité des administrateurs soient d’anciens pupilles. Le décret de 1956 reprend les aides possibles et réserve aux associations une place liée aux conseils de famille. Ces textes sont des racines nationales ; ils ne permettent pas, à eux seuls, de dater la création de chaque association départementale.
De l’entraide départementale à une voix nationale
En 1957, des responsables départementaux se rassemblent pour préparer une fédération. Les statuts nationaux sont adoptés en 1958. La fédération coordonne alors les associations sans supprimer leur autonomie. Elle diffuse de la documentation, anime des rencontres et relaie leurs demandes auprès des pouvoirs publics. Sa reconnaissance d’utilité publique intervient en 1979.
La loi de 1984 inscrit plus clairement la participation des associations à l’insertion sociale des personnes admises ou anciennement admises à l’aide sociale à l’enfance. En 1998, la fédération élargit sa manière de présenter le mouvement : l’expérience commune ne se limite plus au seul statut de pupille de l’État, mais englobe les différents parcours d’accueil en protection de l’enfance.
En 2022, représenter et accompagner
La rédaction actuelle de l’article L. 224-11 du Code de l’action sociale et des familles nomme les associations départementales des personnes accueillies en protection de l’enfance. Elle précise qu’elles représentent et accompagnent ces personnes, participent à leur insertion et peuvent attribuer certaines aides. Le passage de l’entraide à la représentation ne remplace donc pas la solidarité concrète : il l’élargit.
Cette évolution explique l’identité particulière des ADEPAPE. Elles sont à la fois des lieux d’accueil, des réseaux de pairs, des associations autonomes et des interlocutrices des institutions. Leur histoire ne peut être écrite seulement à partir des lois : les archives, les bulletins et les témoignages des personnes concernées en sont une part essentielle.
Et pour vous ?
Vous avez connu une ADEPAPE à une autre époque, conservé une carte d’adhérent, un courrier ou un bulletin ? Ces documents peuvent compléter l’histoire nationale sans effacer les différences entre départements. Vous pouvez les signaler à l’ADEPAPE Var, qui vérifiera avec vous les conditions de conservation et de diffusion.
Sources
- FNADEPAPE, Les textes de base : https://fnadepape.org/la-federation/les-textes-de-base/
- FNADEPAPE, De 1957 à nos jours : https://fnadepape.org/la-federation/de-1957-a-nos-jours/
- Légifrance, article L. 224-11 du Code de l’action sociale et des familles : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046372134
