Jeudi 3 avril, l’amphithéâtre Dumas du campus de La Garde a accueilli une journée consacrée à une question qui touche de près nombre d’entre vous : que devient-on, des années après avoir été confié à l’aide sociale à l’enfance (ASE) ? Organisée par le diplôme universitaire (DU) Protection de l’enfance de l’Université de Toulon, cette rencontre a réuni des professionnels du secteur autour des travaux du Dr Daniel Rousseau, pédopsychiatre au CHU d’Angers, invité pour présenter deux programmes de recherche qui suivent, sur le long terme, le parcours d’enfants placés.
Trente ans à suivre 129 parcours
Le matin a été consacré à l’étude Saint-Exupéry, une recherche que le Dr Rousseau conduit depuis près de trente ans. Elle suit 129 enfants placés à l’ASE avant l’âge de quatre ans, année après année, pour comprendre comment leur vie se construit au-delà du placement : scolarité, santé, liens affectifs, insertion. Un travail rare par sa durée, et qui donne des résultats que peu d’études, en France, peuvent revendiquer.

PEGASE, un programme pour prévenir et soigner
L’après-midi a fait place au programme PEGASE, un dispositif expérimental de santé publique porté par la même équipe, dont le Dr Rousseau est le médecin coordinateur. Son objectif : prévenir les maltraitances infantiles grâce à un suivi et des soins psychiques standardisés, proposés aux enfants et aux familles accompagnées par la protection de l’enfance. Deux angles complémentaires réunis en une seule journée : comprendre ce qui s’est joué sur trois décennies, et agir aujourd’hui pour limiter la répétition des difficultés.
Une journée pensée pour les professionnels du Var
Cette rencontre s’adressait d’abord aux professionnels de la protection de l’enfance, dans le cadre du DU Protection de l’enfance de l’Université de Toulon. Elle a été relayée par l’Observatoire départemental de la protection de l’enfance (ODPE) du Var, qui veille à faire circuler les connaissances utiles aux acteurs du secteur.
Ce que la recherche dit de votre parcours
Ce que montrent des travaux comme ceux du Dr Rousseau, c’est que le placement n’écrit pas à lui seul le destin d’un enfant. L’accompagnement reçu, la qualité des liens tissés, la continuité du suivi : voilà ce qui pèse sur une trajectoire, bien plus qu’une fatalité supposée. Pour vous qui avez grandi à l’ASE, c’est une manière de dire, avec le sérieux de la recherche, ce que l’ADEPAPE Var — l’association d’entraide des personnes passées par la protection de l’enfance du département — porte depuis sa création : votre histoire ne se résume pas à votre placement, et elle reste ouverte. Si ces questions vous touchent, nous restons à votre écoute, au 04 94 31 60 31 ou à contact@adepape-var.fr.
