Une intervenante prend la parole devant les participants de l’assemblée générale.

Le journal de l’ADEPAPE Var

La pair-aidance avant que le mot ne devienne courant

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L’entraide entre personnes ayant connu la protection de l’enfance précède le vocabulaire actuel de la pair-aidance. Les congrès montrent comment cette expérience est devenue une ressource reconnue.

Illustration de la participation : assemblée générale de l’ADEPAPE Var en 2026. Photo : archives publiques de l’ADEPAPE Var. Cadrage adapté à l’en-tête.

La pair-aidance consiste à mobiliser une expérience vécue pour soutenir une personne confrontée à une situation proche. Dans les ADEPAPE, cette pratique existe depuis longtemps sous les mots d’entraide, de solidarité et de transmission. Ce qui a changé, c’est sa reconnaissance progressive comme une compétence utile dans l’accompagnement et la décision publique.

Une entraide construite par les anciens accueillis

Les premières associations réunissaient des pupilles et anciens pupilles afin d’apporter des secours, des conseils et un lien après la sortie. La fédération créée à la fin des années 1950 devait relier ces expériences départementales tout en laissant chaque association autonome. Cette origine distingue les ADEPAPE d’un service où seuls des professionnels définiraient les besoins.

Le pair n’est pourtant pas seulement une personne qui a vécu un placement. Pour aider sans imposer sa propre histoire, il faut savoir écouter, respecter la confidentialité, reconnaître les limites de son rôle et orienter lorsque la demande dépasse ses compétences. La charte éthique fédérale rappelle précisément cette exigence de posture.

Des congrès qui nomment progressivement la pratique

En 2010, le congrès présente l’ADEPAPE comme tiers médiateur et tiers ressource dans le passage à l’autonomie. En 2014, le thème porte sur les pairs médiateurs associés au projet des jeunes. Le congrès de 2015, organisé à Hyères, met en avant la place et la force des jeunes pairs. En 2016, la fédération interroge directement l’approche par les pairs lors du passage à l’âge adulte.

Cette suite montre un déplacement : l’ancien accueilli n’est plus seulement bénéficiaire ou témoin. Il peut participer à l’accueil, à l’orientation, à la formation et à la conception des réponses, à condition que le cadre soit clair et que son engagement soit soutenu.

Une ressource reconnue, pas un remplacement

Le rapport du Sénat publié en 2026 décrit les ADEPAPE comme des lieux de ressources pour les jeunes et recommande de mieux les intégrer dans les parcours. Cette reconnaissance ne signifie pas que les pairs doivent remplacer les travailleurs sociaux, les psychologues, les avocats ou les services publics. Leur apport est différent : continuité du lien, compréhension issue de l’expérience et possibilité de se projeter avec quelqu’un qui connaît certains obstacles de l’intérieur.

Et pour vous ?

Vous souhaitez être accompagné par une personne ayant connu la protection de l’enfance, ou transmettre votre expérience à votre tour ? Contactez l’ADEPAPE Var pour connaître les possibilités actuelles. Devenir pair aidant suppose un cadre, une préparation et le droit de ne pas tout raconter de son propre parcours.

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