Le 12 octobre 1935, une dépêche datée de Paris annonce que le ministre de la Santé publique et de l’Éducation physique vient d’ordonner la suspension immédiate de deux inspecteurs de l’Assistance publique. Le Petit Marseillais la publie le lendemain, en vue 7 de sa numérisation. Le Var y apparaît en contrepoint : son inspecteur reçoit, lui, des félicitations. Nous reproduisons ce document d’archive tel qu’il se présente ; l’ADEPAPE Var n’y est pas nommée et n’existait pas encore.
Une administration surveillée
L’Assistance publique désigne alors l’administration qui avait la charge, entre autres missions, des enfants placés — ceux que l’on appellera plus tard pupilles de l’État, et dont s’occupe aujourd’hui l’Aide sociale à l’enfance (ASE), le service départemental de protection de l’enfance. Ce rattachement est un rappel de contexte que nous faisons : la page du journal, elle, ne parle jamais d’enfants ni de pupilles.
Le titre de la brève dit bien de quoi il s’agit d’abord : « Deux inspecteurs üie l’assistance publique sont suspendus » — la coquille est celle de la numérisation. La nouvelle porte sur une sanction, pas sur un satisfecit.
La dépêche
Voici le texte, avec ses fautes de reconnaissance optique laissées en place plutôt que lissées en silence — « lo ministre » pour « le ministre », « scs félicitations » pour « ses félicitations », « il avati la responsabilité » pour « il avait la responsabilité ». La citation ci-dessous a été reconstituée à partir de deux extraits successifs de la même page.
Par contre, lo ministre a tenu à envoyer scs félicitations à l’inspecteur de l’Assistance publique du Var pour l’effort qu’il a fait dès sa prise de service en vue d’apporter de la clarté et de l’ordre dans l’administration dont il avati la responsabilité
La première partie de la dépêche est plus sévère : le ministre « vient d’ordonner la suspension immédiate, avec suppression de traitement de deux inspecteurs de l’assistance publique qui s’étaient rendus coupables de fautes graves dans leur gestion ». Deux hommes sanctionnés ailleurs, un félicité dans le Var.
Ce que cela change pour le Var
Peu de choses, si l’on cherche un bilan : l’inspecteur du Var n’est pas nommé, aucune date de prise de fonction n’est donnée, aucun chiffre sur son service ne figure sur la page. Un compliment ministériel isolé ne vaut pas évaluation, et nous nous garderons d’en faire une fierté départementale.
Ce que la dépêche établit, en revanche, est plus solide et plus utile : dès 1935, la qualité de gestion du service qui avait la charge des enfants placés était un sujet public, contrôlé par l’État et sanctionné quand il le fallait. Les mots employés par le ministre pour saluer le Var — « clarté » et « ordre » — sont exactement ceux que nous continuons à demander aujourd’hui pour les jeunes accompagnés. Cette exigence a près d’un siècle.
Et pour vous ?
Si vous avez été accueilli par l’ASE du Var, vous avez le droit d’accéder à votre dossier : c’est un droit personnel, et nous pouvons vous accompagner dans la démarche, y compris pour lire et supporter ce qu’on y trouve. Appelez le 04 94 31 60 31 ou écrivez à contact@adepape-var.fr. Et si vous conservez des documents anciens liés au service varois des enfants assistés, faites-le nous savoir : la période qui précède les années 2000 est presque entièrement absente de nos archives.
Sources
- Le Petit Marseillais, fascicule du 13 octobre 1935, vue 7 de la numérisation (les folios imprimés ne sont pas attestés) — Gallica / BnF : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49191345
- Dépêche datée « Paris, 12 octobre », titre « Deux inspecteurs üie l’assistance publique sont suspendus » ; citations issues de l’index OCR de la BnF pour ce fascicule
