Le 29 mai 1984, le Sénat examine en séance publique le projet de loi relatif aux entreprises de presse. Au fil de la discussion, un périodique né du mouvement d’entraide des pupilles de l’État est cité à la tribune, comme exemple de ce que le texte risquerait d’abîmer.
Une loi sur la presse, une inquiétude pour les associations
Ce jour-là, le sénateur Jean-Pierre Fourcade prend la parole pour dire sa crainte : rédigé trop largement, le texte ne viserait plus seulement les grands groupes de presse, mais atteindrait aussi les journaux édités par des syndicats et par des associations. Le risque, tel qu’il le formule, est qu’une commission administrative puisse s’immiscer dans le fonctionnement des associations.
Pour montrer ce qui serait en jeu, il énumère des titres bien vivants. C’est un plaidoyer, et il faut le dire tel quel : M. Georges Fillioud, secrétaire d’État, lui répond, mais sans inscrire dans le texte la garantie demandée. Aucune protection n’est acquise ce jour-là.
« Le périodique Amitié »
Au milieu de cette énumération vient une phrase qui, pour nous, vaut document d’archive. Elle figure au compte rendu intégral de la séance, publié au Journal officiel du 30 mai 1984 :
je citerai également, puisque nous avons étudié la semaine dernière un texte les concernant, le périodique Amitié, qui est une publication fondée par l’association d’entraide des pupilles et des anciens pupilles de l’Etat.
Le mot employé par l’orateur est « périodique » : rien dans le compte rendu ne permet d’en faire un quotidien, et la source ne donne ni tirage, ni date de création, ni nombre d’abonnés. Ce qu’elle établit est déjà beaucoup : en 1984, ce journal existait et était assez identifiable pour être nommé au Sénat.
Deux séances, une même semaine
Le détail qui touche tient à l’incise : « puisque nous avons étudié la semaine dernière un texte les concernant ». Le 23 mai 1984, la même assemblée avait adopté en deuxième lecture le projet de loi relatif aux droits des familles dans leurs rapports avec les services chargés de la protection de la famille et de l’enfance, et au statut des pupilles de l’État — la future loi du 6 juin 1984. Le statut des pupilles d’un côté, leur journal de l’autre, en une seule semaine.
Soyons précis sur le périmètre : ce n’est pas notre association qui est citée, c’est le mouvement d’entraide auquel elle appartient. Le compte rendu ne nomme ni le Var, ni Toulon, ni aucune association départementale. Ce que cette archive nous rappelle, en revanche, nous concerne directement : le mouvement des pupilles et anciens pupilles ne s’est jamais contenté d’exister, il a toujours écrit. C’est dans cette continuité que notre propre journal reprend vie aujourd’hui.
Et pour vous ?
Vous avez conservé chez vous d’anciens numéros d’un journal d’entraide, une coupure, une lettre reçue de l’association ? Ces papiers-là ne se retrouvent nulle part ailleurs : ce sont eux qui font notre mémoire. Écrivez-nous à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31, nous les numérisons et vous rendons les originaux. Et si vous souhaitez écrire dans le journal qui reprend, dites-le nous : une page vous y attend.
Sources
- Sénat, compte rendu intégral de la séance du 29 mai 1984 : https://www.senat.fr/comptes-rendus-seances/5eme/pdf/1984/05/s19840529_1159_1189.pdf
- Sénat, compte rendu intégral de la séance du 23 mai 1984 (statut des pupilles de l’État, deuxième lecture) : https://www.senat.fr/comptes-rendus-seances/5eme/pdf/1984/05/s19840523_1023_1061.pdf
