Le 28 octobre 1985, une déclaration est faite à la préfecture du Var. Six lignes, publiées au Journal officiel du 20 novembre 1985, page 2234, rubrique « 83 – VAR ». Elles enregistrent trois gestes le même jour : un nom qui change, un objet qui s’élargit, un siège qui descend de Draguignan à Toulon.
Le contexte : la décentralisation vient de passer
Au milieu des années 1980, les lois de décentralisation transfèrent aux départements des compétences jusque-là exercées par l’État, dont l’ASE (aide sociale à l’enfance), le service qui accueille et accompagne les enfants protégés. Une association d’entraide dont le titre portait les mots « de l’Etat » se trouve alors décalée par rapport au paysage réel de la protection de l’enfance.
C’est ce décalage que l’annonce de 1985 corrige. Le siège quittait la direction départementale de la population du Var, route de la Piscine à Draguignan, pour la cité sanitaire, avenue Lazare-Carnot, à Toulon, code postal 83200. La décision associative qui a précédé cette déclaration n’est pas connue : le Journal officiel n’enregistre que le dépôt en préfecture.
Ce que dit exactement l’annonce
Le texte imprimé au Journal officiel est bref et sans commentaire. Il mérite d’être lu tel quel, dans la typographie d’origine, « Etat » sans accent compris.
28 octobre 1985. Déclaration à la préfecture du Var. Ancien titre : Association d’entraide des pupilles et anciens pupilles de l’Etat du Var. Nouveau titre : Association d’entraide des pupilles et anciens pupilles du Var.
Suit, dans la même annonce, l’ajout qui porte le plus loin : « Additif à l’objet : participe à l’effort d’insertion sociale des personnes admises ou ayant été admises dans le service de l’aide sociale à l’enfance. » L’entraide cesse d’être réservée aux seuls pupilles de l’État.
Ce que cela change pour le Var
Deux mots de cet additif comptent encore aujourd’hui : « ayant été admises ». L’objet ne vise pas seulement les enfants pris en charge à l’instant présent, mais aussi celles et ceux qui sont sortis du service, parfois depuis longtemps. C’est très exactement la mission que nous exerçons auprès des jeunes qui quittent l’ASE : l’accompagnement ne s’arrête pas le jour où le dossier se ferme.
Le déménagement vers Toulon, lui, amorce un ancrage toulonnais qui n’a plus été quitté depuis. Une précision d’honnêteté s’impose cependant : l’annonce de 1985 ne porte aucun numéro d’identification, et le sigle ADEPAPE n’y figure pas — il est postérieur. Le lien entre cette association d’entraide des pupilles du Var et la nôtre repose sur la continuité du nom, du département, de l’adresse et de l’objet, faisceau solide mais non prouvé par une pièce d’identité juridique.
Et pour vous ?
Vous avez été accueilli par l’aide sociale à l’enfance dans le Var, il y a cinq ans ou il y a quarante ans ? Cette phrase de 1985 vous concerne toujours. Écrivez-nous à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31 : nous accompagnons les démarches, l’accès aux droits et la recherche de dossier.
Si vous détenez des documents, bulletins ou photos de l’association de cette période, dites-le nous. Le travail de mémoire que nous menons manque cruellement de pièces pour les années antérieures à 2015.
Sources
- Journal officiel, annonces d’associations, 20 novembre 1985, page 2234 (fac-similé PDF, open data DILA) : https://fr.ftp.opendatasoft.com/datadila/JO/ASSOCIATIONS/JOAFE/CAPTCHA_PROTECTED/PDF/1985/0047/JOAFE_PDF_Unitaire_19850047_02234.pdf
- ADEPAPE du Var — contact@adepape-var.fr — 04 94 31 60 31
