Des immeubles et des arbres le long de l’avenue de Ségur.

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Protection de l’enfance : un projet de loi pour la « refonder »

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Le 1er décembre 2025, le gouvernement a annoncé un projet de loi pour refonder la protection de l’enfance : tiers de confiance, suivi renforcé des tout-petits, comités départementaux. Les premières pistes à connaître.

Photographie d’illustration : l’avenue de Ségur à Paris, près des ministères chargés des solidarités. Photo : Mbzt — CC BY 3.0, via Wikimedia Commons Licence. Cadrage adapté à l’en-tête.

Le 1er décembre 2025, le gouvernement a annoncé un projet de loi pour « refonder la protection de l’enfance ». Porté conjointement par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, et Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, ce texte doit être examiné en conseil des ministres au premier trimestre 2026. Pour les jeunes qui ont grandi dans ce système, comme pour celles et ceux qui les accompagnent, l’annonce mérite qu’on s’y arrête : elle touche à des décisions qui pèsent sur toute une vie, du placement jusqu’à la sortie de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Façade à colonnes du Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, à Paris
Le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale, où le projet de loi sera débattu en 2026. Photo : DXR, domaine public (Wikimedia Commons).

Des chiffres qui pèsent

Ce projet de loi ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans la continuité du rapport de la commission d’enquête parlementaire publié en avril 2025, qui formulait 92 recommandations pour transformer la protection de l’enfance. Les constats qu’il dressait restent la toile de fond de cette annonce : environ 380 000 enfants relèvent aujourd’hui de la protection de l’enfance en France, leur espérance de vie est inférieure de vingt ans à celle du reste de la population, un enfant hospitalisé en psychiatrie sur deux a été ou est suivi par l’ASE, et seuls 12 % d’entre eux obtiennent le baccalauréat. Le nombre de mesures de protection a, de son côté, augmenté de moitié en vingt ans.

Ce que le texte propose, pour l’instant

Le projet de loi, encore au stade de l’annonce, avance plusieurs pistes :

  • Renforcer l’accompagnement des familles — éducatif, psychologique, budgétaire — pour agir avant la crise plutôt qu’après.
  • Rendre obligatoire la recherche d’un « tiers digne de confiance », une personne ayant déjà un lien affectif avec l’enfant, avant d’envisager un placement.
  • Moderniser le métier d’assistant familial, avec davantage de possibilités de cumuler des activités et des conditions d’agrément assouplies.
  • Imposer une réévaluation de la situation des tout-petits tous les six mois, pour éviter que des parcours ne s’installent en institution sans être réexaminés.
  • Généraliser des comités départementaux de la protection de l’enfance, pour mieux articuler l’action de l’État et des départements.

« Refonder le modèle de la protection de l’enfance n’est plus une option, c’est un devoir. »

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, le 1er décembre 2025

Une annonce, pas encore une loi

Il faut garder la mesure : ceci est une annonce, pas un texte voté. Le contenu réel se jugera aux articles du projet de loi, puis aux débats au Parlement prévus pour 2026. Comme d’autres associations d’anciens enfants confiés, nous serons attentifs à ce que celles et ceux qui ont vécu la protection de l’enfance de l’intérieur soient associés à l’écriture de ce texte, et pas seulement consultés une fois les grandes lignes fixées.

Ce que ça change pour vous

Si vous êtes passé par l’ASE ou par un placement, ce projet de loi parle un peu de votre histoire, même s’il ne changera rien à ce que vous avez vécu : il fixera les règles pour celles et ceux qui suivent aujourd’hui le même chemin que vous. Nous suivrons son évolution dans les mois qui viennent et vous tiendrons informés des étapes clés. En attendant, notre équipe reste à votre écoute au 04 94 31 60 31 ou par mail à contact@adepape-var.fr pour toute question sur vos droits.

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