Dans les rapports et délibérations du Conseil général du Var, session d’avril 1907, une ligne budgétaire retient l’attention. Elle prévoit l’achat de rentes dont le revenu servira à constituer des dots de mariage pour des pupilles et d’anciens pupilles des deux sexes. L’argent vient du produit des biens des pupilles décédés.
Une préhistoire de l’entraide
Ce qui compte ici n’est pas la comptabilité, c’est un mot. Un document officiel du Var nomme déjà « anciens pupilles » comme une catégorie envers laquelle la collectivité a une obligation. Autrement dit : accompagner ceux qui sortent du système, et pas seulement ceux qui y sont. C’est exactement ce que nous faisons aujourd’hui.
Précisons deux choses. Notre association n’existait pas en 1907 et n’est nommée nulle part dans ce volume : il s’agit d’une préhistoire de l’entraide, pas d’une origine. Et ces pupilles sont ceux de l’assistance publique, relevant du chapitre « Enfants assistés » du budget — à ne pas confondre avec les pupilles de la Nation, créés plus tard.
Ce que dit le texte
L’article budgétaire, restitué par la reconnaissance optique du document numérisé, comporte quelques scories de lecture ; nous le citons tel quel :
Achat de rentes en vue de la constitution : de dots de mariage en faveur de pupilles ou d’anciens pupilles des deux sexes. (Emploi du î produit des biens des pupilles décédés
Mécaniquement, le capital sert à acheter des rentes ; c’est le revenu de ces rentes qui constitue les dots. Le volume contient d’ailleurs un second article de dots, distinct, alimenté par le revenu de fondations constituées au profit du service des enfants assistés.
Une solidarité qui se finance entre orphelins
Le contraste mérite d’être assumé. La rente ainsi constituée rapporte 22 francs pour trois trimestres. Sur la même page budgétaire, on lit 348,95 fr de fournitures de layettes aux pupilles du Var en 1906, et 12 fr de frais d’inhumation de pupilles. Les frais d’assistance médicale des pupilles sont proposés à 151,80 fr par le préfet, puis refixés à 162 fr plus loin dans le même volume, au vu de nouveaux mémoires : nous citons les deux chiffres, le second paraissant être le crédit arrêté par la session.
La session s’ouvre le 8 avril 1907. Rien n’indique que le Var ait inventé ce mécanisme : il applique très probablement une règle nationale, et nous nous en tenons à dire comment cela se traduisait ici.
Et pour vous ?
Si vous sortez aujourd’hui de l’aide sociale à l’enfance (ASE), le chemin parcouru se mesure à ce document : la dot payée par les morts a laissé place au pécule, aux aides à l’installation, au Passeport Malin et à une association qui vous accompagne. Contactez-nous pour un accompagnement à la sortie ou une aide d’urgence, au 04 94 31 60 31 ou à contact@adepape-var.fr. Et si vous faites des recherches sur votre propre parcours, les Archives départementales du Var conservent les fonds de ce service.
Sources
- Rapports et délibérations, Département du Var, Conseil général, session d’avril 1907 (Gallica / BnF) : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5831302x
- ADEPAPE du Var — 04 94 31 60 31, contact@adepape-var.fr
