Dans sa rubrique « Draguignan », Le Petit Marseillais du 15 janvier 1913 consacre quelques lignes à une réunion tenue la veille : celle du conseil de famille des enfants assistés du Var, à la préfecture. L’entrefilet tient en deux phrases. Il suffit pourtant à établir qu’une instance que les jeunes confiés croisent encore aujourd’hui fonctionnait déjà dans le département il y a plus d’un siècle.
Ce que dit exactement la source, et ce qu’elle ne dit pas
Disons-le d’emblée : l’ADEPAPE du Var n’existe pas en 1913 et n’est nommée nulle part dans ce journal. Il ne s’agit donc pas d’un ancêtre de notre association, mais de la préhistoire de l’institution qui l’a précédée. Autre précision indispensable : « la préfecture » du Var, à cette date, se trouve à Draguignan, et non à Toulon. La même page du journal le confirme, puisqu’un avis voisin, publié lui aussi sous le titre DRAGUIGNAN, évoque une adjudication « dans une salle de la préfecture du Var ».
Enfin, le vocabulaire employé — « enfants assistés », « remise de pupilles » — est celui de l’administration de 1913. Nous le citons parce qu’il figure dans le texte, sans le reprendre à notre compte.
L’entrefilet, mot pour mot
Le texte imprimé, relu sur le fac-similé numérisé par la Bibliothèque nationale de France, est le suivant :
Le conseil de famille des Enfants assistés du Var s’est réuni hier après-midi, à la préfecture, sous la présidence de M. Priou, juge de paix. Diverses demandes de remise de pupilles et d’autorisation de mariages ont été examinées.
Aucun chiffre n’accompagne ces lignes : ni effectif d’enfants, ni nombre de demandes, ni composition du conseil. La séance se tient donc le mardi 14 janvier, la veille de la parution.
Ce que ces mots sont devenus
Trois continuités sautent aux yeux. L’instance d’abord : le conseil de famille des pupilles de l’État existe toujours dans le Var, et nous avons rendu compte ici de la création d’un second conseil, puis de la réforme qui en a modifié la composition. Le lieu ensuite : ces conseils, et les cérémonies qui réunissent les pupilles, se tiennent encore en préfecture — à Toulon désormais.
Les sujets, enfin. Derrière « remise de pupilles » se jouait la question de savoir à qui l’enfant serait confié ; derrière « autorisation de mariages », le fait qu’un jeune sous tutelle publique devait obtenir l’accord de l’instance pour se marier. Ces questions n’ont pas disparu : elles s’appellent aujourd’hui statut de l’enfant, projet pour l’enfant, et droits du jeune majeur. Le déplacement est considérable — de la disposition d’un enfant vers la construction d’un parcours avec lui — mais la chaîne de décision, elle, part toujours du même point.
Et pour vous ?
Vous êtes ou avez été pupille de l’État, et le fonctionnement du conseil de famille reste flou pour vous ? Nous pouvons vous expliquer qui y siège, ce qu’il décide, et comment vous y faire entendre. Si vous conservez des documents, des photographies ou des souvenirs liés à l’Assistance dans le Var, ils nous intéressent aussi : notre travail de mémoire n’avance que par ce que les anciens accueillis acceptent de partager. Écrivez-nous à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31.
Sources
- Le Petit Marseillais, 15 janvier 1913, page 2, rubrique « Draguignan » — Gallica / BnF : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4910890d
- Fac-similé de l’entrefilet (domaine public) : https://gallica.bnf.fr/iiif/ark:/12148/bpt6k4910890d/f2/4770,6470,1180,440/full/0/native.jpg
