En dernière page de son numéro du 5 février 1923, Le Petit Marseillais publie, sous la rubrique « Assistance publique », un avis administratif de routine : la fourniture des layettes et vêtures du service des enfants assistés du Var est mise en adjudication. Une pièce d’archive brève, mais datée, primaire et concrète.
Habiller les enfants placés, un marché public
Ce que l’avis documente, c’est une organisation matérielle : les vêtements des enfants dont l’administration avait la charge n’étaient pas achetés au détail, mais commandés en gros, par un marché ouvert aux négociants et adjugé à la préfecture. La « vêture » désigne précisément cela — l’habillement fourni par l’Assistance —, la « layette » concernant les tout-petits.
Précisons ce que cette page ne dit pas, et que nous n’écrirons donc pas : elle ne donne aucun nombre d’enfants concernés, aucun montant, aucune quantité. Et l’ADEPAPE du Var n’existe pas encore en 1923 : elle n’est pas nommée, et ne pouvait pas l’être. C’est l’histoire de l’institution qui a précédé notre association, pas celle de l’association.
L’avis, tel qu’il est imprimé
Relevé sur le fac-similé numérisé, et non sur la transcription automatique, qui comportait des erreurs de lecture :
Une adjudication de la fourniture des layettes et vêtures au service des enfants assistés du Var, aura lieu à la Préfecture de ce département, le jeudi 1er mars 1923
Le cahier des charges et les modèles-types sont tenus à la disposition de MM. les négociants, dans les bureaux de l’Inspection de l’Assistance Publique, 6, place de l’Observance, à Draguignan.
Le 5 février est la date de parution de l’avis ; l’adjudication, elle, était fixée au 1er mars.
Des « modèles-types », et une adresse à Draguignan
Deux détails méritent qu’on s’y arrête. Le premier est ce mot de « modèles-types ». Il signifie qu’il existait un habillement normalisé, défini par un cahier des charges, identique pour les enfants du service. Beaucoup d’anciens placés, bien plus tard encore, reconnaîtront là ce vêtement qui désignait celui qui le portait avant même qu’il ait ouvert la bouche. L’avis de 1923 ne raconte rien de ce que cela faisait ; il prouve seulement que la norme existait, et qu’elle s’achetait.
Le second est l’adresse : 6, place de l’Observance, à Draguignan. Le service départemental de l’Assistance publique siégeait alors dans cette ville, où se trouvait la préfecture du Var. C’est un repère utile pour qui cherche des documents anciens : les archives de cette période ne se sont pas constituées à Toulon.
Et pour vous ?
Vous recherchez des traces de votre passage à l’Assistance ou à l’ASE dans le Var, ou de celui d’un parent ? Nous accompagnons ces recherches : identification du service compétent, demande d’accès au dossier, orientation vers les Archives départementales. Le chemin est rarement immédiat, mais il existe. Contactez-nous au 04 94 31 60 31 ou à contact@adepape-var.fr. Si vous détenez des documents d’époque — avis, courriers, photographies —, faites-le nous savoir : ils complètent une période dont il reste peu de choses.
Sources
- Le Petit Marseillais, 5 février 1923, page 9, rubrique « Assistance publique » — Gallica / BnF : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49145058
- Archives départementales du Var, fonds de l’Assistance publique
