Le livret du comité des jeunes du Var tenu ouvert devant l’appareil.

Le journal de l’ADEPAPE Var

La parole de l’enfant : participation, discernement, conseils d’enfants et avocat

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Être informé, exprimer son avis et être assisté sont des garanties différentes. Le droit français évolue sur la place de l’enfant dans les procédures, tandis que les lieux d’accueil doivent organiser une participation quotidienne réelle.

Le livret du comité des jeunes de l’ASE du Var, présenté en 2025. Photo : Info83. Cadrage adapté à l’en-tête.

Donner une place à la parole de l’enfant ne consiste pas à lui faire porter la décision des adultes. Cela signifie lui transmettre une information compréhensible, créer les conditions pour qu’il puisse s’exprimer ou garder le silence, puis expliquer ce qui a été décidé. Cette participation se joue à la fois dans la vie quotidienne, dans l’élaboration du projet et devant le juge.

Entendre sans transférer la responsabilité

L’article 388-1 du Code civil prévoit que le mineur capable de discernement peut être entendu dans toute procédure le concernant. Le discernement n’est pas un âge automatique : il s’apprécie au regard de la situation et de la capacité à comprendre. L’audition permet de recueillir une parole ; elle ne transforme pas l’enfant en décideur et ne contraint pas le juge à suivre son souhait.

Une parole peut aussi évoluer, être hésitante ou contenir des éléments contradictoires. Elle doit être accueillie sans pression et sans promesse impossible. Expliquer ensuite les motifs d’une décision est essentiel pour que la consultation ne devienne pas une simple formalité.

Un avocat dans la procédure éducative

Une loi publiée en 2026 renforce l’assistance de l’enfant dans la procédure d’assistance éducative. Son entrée en vigueur est prévue le 6 janvier 2027. Elle organise la désignation d’un avocat pour le mineur concerné sans subordonner cette garantie au discernement, avec une prise en charge par l’aide juridictionnelle selon le dispositif voté.

L’avocat n’est ni un éducateur ni le représentant du service gardien. Il conseille l’enfant sur ses droits, prépare avec lui la procédure et porte juridiquement ses intérêts. Cette réforme demande une mise en œuvre concrète : information accessible, disponibilité des avocats et temps suffisant pour rencontrer l’enfant.

Participer aussi dans le lieu de vie

La mission nationale « à hauteur d’enfants » a documenté la nécessité de mieux prendre en compte la parole des enfants protégés. Des conseils d’enfants, groupes d’expression ou questionnaires peuvent y contribuer. Leur valeur dépend toutefois du suivi : les enfants doivent savoir quelles propositions ont été retenues, refusées ou reportées et pour quelles raisons.

Une participation réelle suppose également des voies individuelles de recours et de signalement. Un espace collectif ne suffit pas lorsqu’un enfant veut parler d’un danger, contester une décision ou demander l’aide d’un adulte extérieur.

Et pour vous ?

Avant un rendez-vous ou une audience, notez les questions que vous voulez poser et demandez qui décidera. Vous pouvez aussi demander comment votre avis sera conservé et comment la réponse vous sera expliquée. Une personne de confiance ou un professionnel du droit peut vous aider à préparer cet échange.

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