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La Cour des comptes cite Toulon en exemple pour les jeunes de l’ASE

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Le 19 mars 2025, la Cour des comptes a publié son rapport annuel : un chapitre entier sur les jeunes majeurs sortant de l’ASE, et un exemple toulonnais que le Var connaît bien.

Photographie d’illustration contemporaine : l’entrée de la Cour des comptes, à Paris. Photo : Tangopaso — Domaine public, via Wikimedia Commons Cadrage adapté à l’en-tête.

Le 19 mars 2025, la Cour des comptes a publié son rapport public annuel. Un chapitre entier est consacré à ce qui se passe pour les jeunes qui sortent de l’aide sociale à l’enfance (ASE, le dispositif qui protège les mineurs en danger) une fois la majorité atteinte. Pour illustrer les pratiques qui fonctionnent, la Cour cite un lieu que le Var connaît bien : la résidence du Fort Saint-Antoine, à Toulon, portée par Apprentis d’Auteuil en partenariat avec l’ADEPAPE Var.

Deux fois plus de jeunes majeurs suivis qu’il y a quinze ans

31 900 jeunes majeurs étaient suivis au titre de l’ASE en 2023, contre 18 500 en 2010 — près de deux fois plus en une décennie. Les départements peuvent prolonger cet accompagnement au-delà de 18 ans, notamment via ce que l’on appelle un « contrat jeune majeur ». Un choix qui a un coût : environ 1,2 milliard d’euros dépensés par les départements en 2022 pour l’accueil des jeunes majeurs.

Vue de la ville de Toulon et de sa rade depuis les hauteurs du Mont Faron, sous le soleil
Toulon et sa rade, vus du Mont Faron. Photo : Pierre Sénard — CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Mais le rapport pointe surtout une inégalité de fond : selon le département où l’on grandit, les chances d’être accompagné après 18 ans varient fortement — de 38 % à 83 % des jeunes concernés selon les territoires contrôlés. Une disparité que Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, a jugée préoccupante pour « l’égalité devant le service public », appelant à « garantir un socle de base dans la prise en charge » lors de la présentation du rapport.

« À 21 ans, voire avant, les prises en charge de l’aide sociale à l’enfance prennent fin. »

Frédéric Baudot, directeur de la résidence du Fort Saint-Antoine, Apprentis d’Auteuil

Une adresse toulonnaise citée en exemple

Au Fort Saint-Antoine, la résidence sociale à orientation éducative accueille depuis 2020 des jeunes de 16 à 25 ans sans soutien familial : 43 studios meublés, dont quinze places réservées à l’aide sociale à l’enfance et trois à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Une équipe pluridisciplinaire — assistante sociale, infirmière, chargé d’insertion — accompagne chacun au quotidien. Les résidents deviennent locataires et versent une participation symbolique pour l’électricité, le gaz ou Internet, pour rester, selon l’équipe, dans le principe de réalité. L’enjeu est lourd : selon la Cour, près de la moitié des personnes sans domicile de 18 à 25 ans sont d’anciens enfants placés. C’est précisément ce type de dispositif, capable de limiter les « sorties sèches » de l’ASE — un départ sans accompagnement ni filet à la majorité — que la Cour appelle à développer plus largement sur le territoire national.

Une ressource de plus, tout près de chez vous

Vous avez entre 16 et 25 ans, vous sortez de placement ou vous accompagnez un jeune dans cette situation ? La résidence du Fort Saint-Antoine fait partie du réseau varois vers lequel l’ADEPAPE Var oriente ses adhérents, aux côtés de son propre accompagnement : aide aux démarches, lien social, soutien au moment de l’autonomie. Pour en parler, contactez l’association au 04 94 31 60 31 ou à contact@adepape-var.fr.

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