Un pupille de l’État, c’est un enfant confié à l’aide sociale à l’enfance (ASE) dont plus personne n’exerce l’autorité parentale. Pour chacun d’eux, une instance se réunit, discute, décide : le conseil de famille. Depuis février 2022, le Var en compte deux au lieu d’un seul. Une évolution discrète, presque administrative sur le papier, mais qui dit quelque chose d’important : ces enfants sont de plus en plus nombreux, et chacun mérite qu’on prenne le temps de sa situation.
Le conseil de famille, une équipe autour de chaque enfant
Quand un enfant devient pupille de l’État, plus personne n’exerce l’autorité parentale à sa place. C’est le préfet qui devient son tuteur légal : il administre ses biens, le représente en justice, prend les décisions urgentes. Mais il ne le fait pas seul. Le conseil de famille des pupilles de l’État, dont les membres sont nommés par arrêté préfectoral, partage avec lui l’ensemble des responsabilités qui relèvent d’ordinaire de l’autorité parentale. C’est ce conseil qui statue sur les décisions importantes de la vie de chaque pupille : son parcours, son lieu de vie et, le cas échéant, son projet d’adoption.
Le secrétariat de ces conseils et le suivi individuel des pupilles sont assurés par la DDETS du Var (direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités), au sein de son service dédié à l’accès à l’autonomie des personnes vulnérables.
Pourquoi un deuxième conseil
Le Var compte aujourd’hui plus de 80 pupilles de l’État. Un seul conseil de famille ne suffisait plus à examiner chaque situation avec l’attention qu’elle mérite : les dossiers s’accumulent, et les décisions qui concernent un enfant ne peuvent pas attendre indéfiniment leur tour. La création d’un second conseil, en février 2022, répond à cette réalité simple. Deux instances, c’est deux fois plus de temps consacré à chaque parcours, à chaque projet, à chaque enfant pour qui il faut décider vite et bien.
Notre place dans ces conseils
Les associations d’anciens pupilles, comme la nôtre, y siègent de plein droit : la loi leur réserve un siège dans chaque conseil de famille. Ce n’est pas un détail. Cela veut dire que dans la pièce où se décide l’avenir d’un enfant, il y a toujours quelqu’un qui est passé par le même chemin. Quelqu’un qui sait, par expérience, ce que représentent une décision d’adoption, un changement de lieu de vie, une majorité qui approche. Cette présence ne remplace pas l’expertise des services de l’État : elle la complète, en rappelant que chaque dossier est d’abord une vie.
Et pour vous ?
Si vous avez été pupille de l’État ou pupille du Var, des décisions vous concernant ont un jour été prises dans l’une de ces instances. Vous aimeriez comprendre comment elles fonctionnent, ou vous engager à votre tour pour représenter les anciens pupilles auprès de la DDETS ? Écrivez-nous à contact@adepape-var.fr ou appelez le 04 94 31 60 31 : nous vous expliquerons comment cette voix se construit et se transmet.
