Des participants prennent la parole pendant une table ronde.

Le journal de l’ADEPAPE Var

À 18 ans, pas de sortie sèche : cinquante ans de mobilisation des ADEPAPE

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Depuis l’abaissement de la majorité civile, les ADEPAPE alertent sur les ruptures de prise en charge à l’entrée dans l’âge adulte. Leur mobilisation relie entraide, droits et continuité.

Table ronde du groupe de travail sur les sorties sèches de l’ASE, en 2020. Photo : archives publiques de l’ADEPAPE Var. Cadrage adapté à l’en-tête.

Atteindre 18 ans ne donne pas immédiatement un logement, un revenu stable, un diplôme et un réseau familial. Pour un jeune accueilli par l’aide sociale à l’enfance, une fin de prise en charge mal préparée peut ajouter une rupture administrative à toutes celles déjà vécues. Les ADEPAPE en ont fait un sujet national durable.

Le basculement de la majorité civile

En 1974, la majorité civile passe de 21 à 18 ans. Le recueil des textes de la FNADEPAPE conserve la trace d’une circulaire consacrée aux conséquences de ce changement pour les jeunes relevant de l’aide sociale à l’enfance. L’accès plus précoce à la majorité élargit les droits civils, mais avance aussi le moment où une mesure destinée à un mineur prend fin.

Le mouvement associatif insiste depuis lors sur une idée simple : l’autonomie est un parcours, pas un anniversaire. Elle se prépare avec des ressources, un logement, des soins, une formation, des papiers en règle et au moins une personne à appeler en cas de difficulté.

Un thème repris de congrès en congrès

Le congrès de 2000 interroge l’autonomie des jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance. En 2009, la fédération travaille sur l’absence de soutien familial et le vivre seul. En 2013, elle demande une évolution pour les jeunes adultes de 18 à 25 ans exposés à l’exclusion. Les rencontres de 2015 et 2016 mettent ensuite l’accent sur les jeunes pairs et l’entraide lors du passage à l’âge adulte.

La lettre ouverte fédérale intitulée La rue pour toit, actualisée en 2020, rassemble ce plaidoyer. Elle doit être lue comme une position associative, non comme un guide donnant à lui seul l’état du droit.

Des lois nouvelles, une application encore inégale

La loi du 7 février 2022 renforce la prise en charge de certains jeunes majeurs précédemment confiés à l’aide sociale à l’enfance. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales publié en 2025 constate cependant des différences de mise en œuvre et propose une mobilisation collective jusqu’à 25 ans, notamment par des services de suite. En 2026, le Sénat recommande d’intégrer davantage les ADEPAPE dans les parcours et de mieux généraliser l’accompagnement vers l’autonomie.

Ces constats ne créent pas automatiquement une aide identique dans chaque situation. Ils montrent pourquoi l’accès au droit, l’anticipation et le lien après la sortie restent nécessaires.

Et pour vous ?

Si votre sortie approche, demandez que votre projet soit préparé avant la fin de la mesure. Conservez les décisions écrites et sollicitez rapidement une aide si une solution manque. L’ADEPAPE peut apporter un regard de pair et orienter, sans se substituer au département ni aux voies de recours.

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