Une personne qui pousse la porte d’une ADEPAPE peut demander une aide pratique, chercher un document ou simplement avoir besoin d’être entendue. Son histoire ne devient pas pour autant la propriété de l’association. La charte éthique publiée par la FNADEPAPE fixe des repères pour l’accueil, l’entraide et les relations entre membres.
Des droits qui commencent dès l’accueil
La charte place au premier plan le respect de la parole, l’écoute de l’histoire et du choix de vie, la confidentialité, la vie privée, la non-discrimination, les convictions, la citoyenneté et la dignité. Ces principes s’appliquent à la relation avec une personne qui demande une aide, mais aussi à la manière dont bénévoles et salariés travaillent ensemble.
Concrètement, une demande d’accompagnement ne justifie pas de collecter tout un parcours. Seules les informations utiles à la démarche devraient être recueillies. Elles ne doivent pas être transformées en témoignage public, en exemple de communication ou en dossier partagé sans base légitime et sans accord lorsque celui-ci est nécessaire.
Écouter sans prendre la place
La proximité d’expérience peut créer rapidement de la confiance. Elle comporte aussi un risque : croire que l’on sait ce que l’autre ressent parce que l’on a soi-même connu la protection de l’enfance. La charte demande à l’accueillant de ne pas ramener la conversation à sa propre histoire et de rester attentif au besoin exprimé.
Aider ne signifie pas décider à la place. Une personne doit pouvoir choisir la démarche qu’elle souhaite, refuser une orientation et demander des explications. Le pouvoir d’agir se construit avec une information claire, des options réelles et la reconnaissance du rythme de chacun.
Une charte n’efface pas les obligations légales
La charte est une référence interne au mouvement ; elle ne remplace ni le droit relatif aux données personnelles, ni le secret professionnel lorsqu’il s’applique, ni les obligations de signaler certaines situations de danger. Elle doit être traduite dans des pratiques : accès limité aux dossiers, espaces d’entretien adaptés, règles de conservation et procédure pour traiter une difficulté.
Elle doit également pouvoir être discutée. Une association éthique explique à la personne accueillie ce qu’elle peut faire, ce qu’elle ne peut pas faire et à qui s’adresser en cas de désaccord.
Et pour vous ?
Lors d’un premier contact, vous pouvez demander pourquoi une information est nécessaire, qui pourra la lire et combien de temps elle sera conservée. Vous pouvez aussi venir avec une personne de confiance si la démarche le permet. L’accueil doit vous aider à choisir, non vous obliger à tout raconter.
Sources
- FNADEPAPE, charte éthique : https://fnadepape.org/la-federation/la-charte-ethique-2/
- FNADEPAPE, statuts de la fédération : https://fnadepape.org/la-federation/les-statuts/
- CNIL, principes de protection des données personnelles : https://www.cnil.fr/fr/comprendre-le-rgpd/les-six-grands-principes-du-rgpd
