Vue aérienne du campus universitaire de La Garde et de ses bâtiments.

Le journal de l’ADEPAPE Var

École, formation et emploi après l’ASE : parcours, obstacles et facteurs de réussite

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Les recherches décrivent des retards scolaires, des orientations courtes et une pression à devenir autonome rapidement. Elles montrent aussi que la continuité du placement, le soutien adulte et le temps accordé à la formation peuvent changer les trajectoires.

Photographie d’illustration contemporaine : le campus de La Garde de l’Université de Toulon. Photo : Université de Toulon — CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons Licence. Cadrage adapté à l’en-tête.

Les parcours scolaires des enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance ne peuvent pas être lus comme une mesure de leurs capacités. Ils reflètent aussi des séparations, des changements de lieu, des périodes sans école, des problèmes de santé et l’incertitude sur la durée de l’accompagnement. Les recherches permettent d’identifier ces obstacles sans enfermer chaque jeune dans une statistique.

Des ruptures qui pèsent sur la scolarité

Une étude de la DREES publiée en 2013 montre que la déscolarisation est particulièrement fréquente l’année du placement. À 15 ans, les jeunes hébergés en établissement sont trois fois plus souvent déscolarisés que les adolescents du même âge. À l’entrée au collège, deux tiers présentent au moins une année de retard scolaire.

Ces résultats portent sur une enquête et une période précises. Ils ne décrivent pas tous les enfants protégés, notamment ceux accueillis en famille ou accompagnés à domicile. Ils signalent néanmoins l’effet possible des ruptures et la nécessité d’organiser la continuité scolaire dès un changement de lieu.

La pression d’une autonomie rapide

À partir de l’adolescence, les orientations courtes et professionnalisantes sont plus fréquentes. Elles peuvent correspondre au projet du jeune et conduire à un métier choisi. Elles deviennent problématiques lorsqu’elles sont imposées par la peur de la fin de prise en charge, au détriment d’une filière générale, technologique ou d’études supérieures souhaitées.

Ce qui soutient la réussite

L’enquête ELAP montre l’importance du temps supplémentaire accordé après la majorité, tout en soulignant que les jeunes déjà scolarisés accèdent plus facilement à cette prolongation. La stabilité du lieu de vie, un adulte qui suit le parcours, l’accès à un ordinateur, des transports fiables, des soins continus et la possibilité de réviser dans de bonnes conditions sont des soutiens concrets.

Un projet réaliste n’est pas forcément court. Il doit partir des souhaits, des acquis et des besoins du jeune, prévoir des étapes et accepter un changement d’orientation sans le traiter comme un échec.

Les établissements scolaires et les services éducatifs doivent partager les informations nécessaires sans diffuser toute l’histoire sociale. Identifier un interlocuteur stable évite au jeune de répéter son parcours et permet d’anticiper inscriptions, stages, équipements et solutions de transport.

Et pour vous ?

Demandez que votre projet d’études ou d’emploi soit écrit avec les obstacles pratiques à résoudre. Si une orientation vous semble dictée uniquement par la date de sortie, demandez quelles autres options ont été étudiées. L’ADEPAPE peut aider à préparer cet échange.

Sources

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