L’entretien souvent appelé « entretien des 17 ans » n’est pas une simple formalité de fin de placement. La loi demande au président du conseil départemental de l’organiser au plus tard un an avant la majorité. Lorsqu’un jeune est accueilli après avoir déjà atteint 17 ans, l’entretien doit avoir lieu dans les meilleurs délais.
Faire le bilan et informer
L’entretien sert d’abord à faire le bilan du parcours. Il doit permettre au jeune de comprendre sa situation, les décisions en cours, les droits ouverts et les conditions d’un accompagnement après la majorité. L’information ne doit pas rester générale : elle doit être reliée à la situation réelle, aux besoins et au calendrier de la personne.
Le Département doit envisager avec le jeune les conditions de son accompagnement vers l’autonomie et les lui notifier. Le projet ne peut donc pas être construit uniquement entre professionnels. Le jeune doit pouvoir expliquer ses priorités, signaler ce qui manque et demander que les réponses proposées soient formulées clairement.
Construire une réponse globale
Dans le cadre du projet pour l’enfant, un projet d’accès à l’autonomie est élaboré avec le mineur. La loi cite les besoins éducatifs et sociaux, la santé, le logement, la formation, l’emploi et les ressources. Pour un jeune étranger privé de la protection de sa famille, l’entretien doit aussi présenter l’accompagnement prévu pour les démarches de séjour ou, selon la situation, d’asile.
Les institutions utiles doivent être associées. Cela peut concerner l’établissement scolaire, le centre de formation, la mission locale, un service de santé, un bailleur ou un organisme d’accès aux droits. Leur présence ne doit pas noyer la parole du jeune : chaque engagement doit avoir un responsable et une prochaine étape.
Préparer les questions utiles
Avant l’entretien, rassemblez les documents disponibles : scolarité ou formation, ressources, santé, identité, démarches de logement et coordonnées des personnes qui vous soutiennent. Notez ce qui se passe si une solution échoue. Demandez qui appeler en cas d’urgence, comment solliciter une prolongation et comment obtenir une décision écrite.
Une personne de confiance désignée dans le cadre légal peut, le cas échéant, assister à l’entretien. L’échange peut aussi être renouvelé exceptionnellement si les besoins évoluent. Une copie ou une trace écrite des orientations facilite ensuite le suivi.
Et pour vous ?
Si l’entretien n’a pas été proposé, demandez-le par écrit à votre référent et à l’inspecteur ASE. Préparez une liste courte : où vivre, de quelles ressources disposer, comment poursuivre les études ou travailler, qui accompagne la santé et les papiers. L’ADEPAPE peut vous aider à transformer ces questions en plan d’action.
Sources
- Code de l’action sociale et des familles, article L. 222-5-1 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045136761
- Code de l’action sociale et des familles, article L. 222-5 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049050913
