En 1973 paraît aux éditions E.S.F. un recueil de 263 pages intitulé « Pour une réforme de l’aide sociale à l’enfance. Texte du rapport Dupont-Fauville et documents », préfacé par René Lenoir. La revue Population lui consacre un compte rendu de deux pages, aux pages 970-971 de sa 28e année. C’est par cette notice, en accès libre, que nous connaissons aujourd’hui le contenu général de ce travail.
Une commande politique
Le compte rendu indique qu’une commission de travail présidée par M. Dupont-Fauville a été constituée à la demande du ministre Robert Boulin, pour faire le bilan de la situation et définir les orientations souhaitables pour l’avenir. Le rapport, précise la notice, représente le travail d’une équipe pendant un an.
Une précision de méthode, parce qu’elle compte : 1973 est la date de publication du recueil et du compte rendu, pas nécessairement celle de la remise du rapport, et la littérature universitaire ne s’accorde pas sur ce dernier point. Nous écrivons donc « publié en 1973 », et pas « en 1973 la commission dénonce ».
La phrase que la revue met entre guillemets
De tout le compte rendu, une seule formule est explicitement attribuée au rapport lui-même, par des guillemets. Elle vise le pays, pas les familles.
« le refus de prise de conscience par le pays lui-même d’un problème, traité comme marginal alors qu’il ne l’est pas, est non seulement choquant sur le plan humain et moral »
Le reste relève de la plume du recenseur. Selon le compte rendu qu’en donne la revue Population, 3,9 % de la population française de moins de 20 ans avait été prise en charge par l’Aide sociale, à des titres divers, en 1970 — l’année de référence est bien 1970. Le même compte rendu écrit qu’il serait vain de parler d’unité nationale alors que 650 000 enfants en difficulté ne sont pas véritablement insérés au plan économique et social. Ce chiffre n’est pas attribué au rapport par la revue, et le périmètre des « enfants en difficulté » n’y est pas défini : ce ne sont pas nécessairement des enfants placés.
Pourquoi cela nous concerne encore
Cette publication ouvre la séquence de réformes qu’ont traversée nos adhérents les plus anciens : le rapport Bianco-Lamy en 1981, la décentralisation qui a transféré l’ASE (aide sociale à l’enfance) aux départements — donc, chez nous, au Département du Var —, puis la loi de 2007.
Ce qui frappe, c’est la formule sur des enfants « pas véritablement insérés au plan économique et social ». Un demi-siècle plus tard, c’est encore exactement ce que nous combattons dans le Var : l’accès au logement, au permis, à un premier emploi, la fin des sorties sèches à la majorité, et des dispositifs très concrets comme le Passeport Malin. Le diagnostic était posé ; le chantier est resté ouvert.
Et pour vous ?
Vous approchez de vos 18 ans ou vous venez de sortir de l’ASE dans le Var ? Ne restez pas seul face aux démarches. Nous accompagnons l’accès aux droits, la recherche de logement, l’aide au permis et le soutien matériel d’urgence, et nous pouvons vous mettre en lien avec d’anciens accueillis qui sont passés par là.
Appelez le 04 94 31 60 31 ou écrivez à contact@adepape-var.fr. Adhérer ne coûte presque rien et ouvre l’ensemble de nos aides.
Sources
- D. N. Pour une réforme de l’aide sociale à l’enfance. In: Population, 28ᵉ année, n°4-5, 1973. pp. 970-971 : https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1973_num_28_4_15559
- Ouvrage recensé : « Pour une réforme de l’aide sociale à l’enfance. Texte du rapport Dupont-Fauville et documents. Préface de René Lenoir. Paris, les éditions E.S.F. [1973]. — 24 cm, 263 p., tabl. »
